Parfois avec une entreprise, parfois avec un micro, parfois avec un livre. Le métier change. L’intention, non : faire circuler ce que trop de gens gardent pour eux – une compétence, une décision, une histoire.
Aujourd’hui, je dirige Craft AI. On y construit une IA maîtrisée : des agents conçus sur la donnée de l’entreprise, que l’on contrôle, que l’on déploie, et que l’on fait vivre en production.
Dans Let’s Talk About U, je reçois des dirigeants d’entreprises que l’on connaît – pas forcément les plus grandes, mais celles dont on consomme les produits ou les services. On utilise ce qu’ils ont bâti. On ne les connaît presque jamais, eux : leur parcours, ce qui les a construits, ce qui les fait encore avancer.
J’écris, surtout, pour raconter ce que j’ai vu de l’intérieur – la Chine, le pouvoir, les recoins qu’on préfère théoriser de loin.
Si tu n’as que deux minutes : écoute un épisode ou ouvre un livre. Le reste de cette page explique pourquoi je fais les deux.
Comment j’en suis arrivé là
Paris, Shanghai, Fudan, l’ICD : un double cursus, puis des années à construire entre la France et la Chine. En 2019, j’ai cofondé Pitchboy, une IA conversationnelle pour la formation. On l’a développée, on l’a fait grandir, puis je l’ai transmise.
Cet exit a tout recentré. D’un côté, Craft AI et cette exigence d’IA maîtrisée. De l’autre, le récit : le podcast, les livres. Deux manières de continuer à transmettre, sans attendre qu’on vous y autorise.
Class 17, dans le 17e arrondissement, appartient au même geste. Accueil, distribution de repas, présence concrète auprès de ceux que l’on croise sans les voir. Transmettre, ce n’est pas seulement expliquer. C’est aussi tendre quelque chose.
Le fil
On m’a longtemps présenté comme un profil “Chine + EdTech”. Ce n’était pas faux. C’était incomplet.
Ce qui relie Pitchboy, Craft AI, le podcast et les livres, c’est une phrase que je répète souvent : le savoir ne devrait pas être un privilège. Ni le réseau, ni le titre, ni le budget ne devraient décider de qui a le droit de comprendre.
C’est pour ça que le podcast est gratuit. C’est pour ça que je l’enregistre comme on recevrait quelqu’un chez soi – image nette, son propre, montage soigné. Ces parcours méritent mieux qu’un téléphone posé sur une table. Et mes invités, qui sont arrivés là par leur travail, méritent un cadre à la hauteur.
Let’s Talk About U, c’est ça : l’humain derrière l’entreprise. Tu connais la marque, tu as déjà acheté, réservé, cliqué, mangé. Tu ne connais pas la personne. Toutes les deux semaines, on s’assoit avec elle, et on raconte enfin le chemin.
Le podcast ouvre une porte. Un livre te laisse entrer.
J’ai habité la Chine plutôt que de la commenter. J’ai dirigé un bureau à Shenzhen, monté des sociétés, accompagné des dirigeants français sur place : Thalès, Solvay, Vinci, Décathlon, Bonduelle… De cette vie-là sont nés des ouvrages – Pourquoi votre prochain patron sera chinois, Mais où va la Chine ?, 龙的腾飞 – pour ceux qui veulent autre chose que le folklore.
Il y a aussi Les Invités de Pyongyang : cinq jours en Corée du Nord, invité pour livrer du matériel à un hôpital pédiatrique, et revenu avec plus de questions que de certitudes. Et des livres plus proches de l’entreprise, comme Agenda et gants de velours, parce que les histoires qui comptent ne sont pas toujours celles qu’on met en couverture.
On me demande parfois mes valeurs. Je pourrais aligner des mots. Je préfère trois visages – deux historiques, un fictif – qui me servent encore de boussole.
Andrew Carnegie. Ouvrier dans le textile, puis l’acier, puis l’homme le plus riche du monde en 1901 – avant de tout retourner vers les autres. Bibliothèques, musées, institutions éducatives, fondations. La réussite ne m’intéresse que si elle sert à ouvrir des portes que l’on n’avait pas.
Zheng He. Parti de rien, devenu amiral de la plus grande flotte de son temps. Ses navires précèdent ceux de l’Europe. Il explore, il innove, il ramène jusqu’à une girafe en Chine. Il incarne le dépassement de soi, l’ouverture, et cette idée simple : on n’avance pas en restant chez soi.
Bruce Wayne. Fictif, et tant pis. Le seul super-héros qui ne triche pas : pas de pouvoir, de la discipline. Respecté le jour, utile la nuit. Il a transformé sa plus grande peur en force – et fait en sorte que cette peur change de camp. La justice, la polyvalence, le refus de se cacher derrière une excuse.
Ces trois-là ne racontent pas mon CV. Ils rappellent pourquoi j’enregistre et pourquoi j’écris.
Si tu veux comprendre comment je vois le monde, commence par un livre. Si tu veux rencontrer les visages derrière des entreprises que tu fréquentes déjà, écoute Let’s Talk About U.